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Factur-X : c’est quoi ?
Mis à jour : août 2026
Factur-X est un format de facture hybride : un PDF que vous lisez comme d’habitude, et dans lequel la même facture est déposée une seconde fois sous forme de données. Une seule pièce jointe, deux lecteurs : vous et le logiciel de votre client.
Un fichier, deux lecteurs
La facture électronique pose un problème simple : une machine veut des données et une personne veut une page. Les formats XML purs répondent au premier besoin et ignorent le second ; le PDF fait l’inverse. Factur-X refuse de choisir.
Techniquement, c’est un PDF/A-3 – une variante du PDF conçue pour l’archivage et capable de transporter des pièces jointes – auquel est attaché un fichier XML, presque toujours nommé factur-x.xml. Vous ouvrez le fichier : vous voyez une facture. Votre logiciel de comptabilité ouvre le même fichier : il lit les données et n’a rien à déchiffrer.
Le XML embarqué est au format CII. Factur-X n’est donc pas un troisième format concurrent, mais un emballage : le PDF est le contenant, CII le contenu.
Le CIUS français de la norme européenne
La norme européenne EN 16931 décrit ce qu’une facture doit contenir – la liste des champs et leurs relations – et laisse volontairement plusieurs points ouverts. Chaque pays, ou chaque secteur, publie alors un CIUS (Core Invoice Usage Specification), une déclinaison qui précise l’usage sans jamais contredire la norme.
Factur-X est le CIUS français, développé conjointement avec l’Allemagne, où il porte le nom de ZUGFeRD. Une facture française et une facture allemande de même profil sont donc le même fichier sous deux noms ; la déclinaison allemande purement XML, XRechnung, est de son côté un autre CIUS de la même norme.
Qui est quoi
| Nom | Ce que c’est | Rapport avec la norme |
|---|---|---|
| EN 16931 | La norme européenne : la liste sémantique des champs d’une facture et les règles qui les lient. | C’est la norme. |
| CII | Une syntaxe XML (UN/CEFACT) pour écrire ces champs. | L’une des deux syntaxes retenues par la norme. |
| UBL | L’autre syntaxe XML (OASIS), très répandue en Europe du Nord. | L’autre syntaxe retenue par la norme. |
| Factur-X | Un PDF/A-3 contenant un XML CII, plus une page lisible. | CIUS français de la norme ; ZUGFeRD en est le nom allemand. |
| Peppol BIS Billing 3.0 | Un CIUS accompagné d’un réseau de transport international. | CIUS de la norme, principalement en syntaxe UBL. |
Retenez la hiérarchie : la norme dit quoi, la syntaxe dit comment l’écrire, le CIUS dit comment l’utiliser ici, le réseau dit comment l’acheminer.
Les cinq profils
Tous les Factur-X ne se valent pas. Le profil déclaré dans le fichier indique quelle part de la facture se trouve réellement dans le XML – le reste n’existant alors que sur l’image du PDF, où aucun logiciel ne va le chercher.
| Profil | Ce que contient le XML | Facture électronique complète |
|---|---|---|
| MINIMUM | Quelques données d’en-tête et les totaux. Ni lignes, ni ventilation de TVA détaillée. | Non |
| BASIC WL | En-tête, totaux et ventilation de TVA, mais toujours sans le détail des lignes (WL pour without lines). | Non |
| BASIC | Les lignes de facturation, en plus de tout ce qui précède. | Oui, pour des factures simples |
| EN 16931 (COMFORT) | L’intégralité de la norme européenne. C’est le profil courant. | Oui |
| EXTENDED | La norme, plus des champs pour des cas métier particuliers. | Oui |
Le profil de votre fichier est affiché au-dessus du résultat dans le lecteur — il est lu dans le document, pas deviné.
MINIMUM et BASIC WL ne suffisent pas. Ces deux profils ne portent pas le détail des lignes et ne constituent donc pas une facture électronique complète au sens de la réforme. Ils ont leur usage – transmettre les données de base d’un rapprochement comptable – mais un fichier MINIMUM reçu à la place d’une facture est une facture incomplète, et le validateur le signale comme une erreur.
Ce qu’une facture doit porter
Le format ne dispense d’aucune mention. Le contenu obligatoire d’une facture reste fixé par l’article 289 du Code général des impôts et par l’article 242 nonies A de l’annexe IV, et la norme EN 16931 en reprend l’essentiel sous forme de champs :
- le numéro de facture, unique et séquentiel, et la date d’émission ;
- l’identité et l’adresse du vendeur et de l’acheteur, avec les numéros d’identification (SIREN ou SIRET, numéro de TVA intracommunautaire) ;
- la désignation, la quantité et le prix unitaire hors taxe de chaque prestation ou produit ;
- le montant hors taxe, le taux et le montant de TVA par taux, et le total toutes taxes comprises ;
- le cas échéant, le motif d’exonération ou la mention d’autoliquidation ;
- la date d’échéance, les conditions de règlement et les pénalités de retard.
La réforme y ajoute des mentions propres, notamment autour de l’identification des parties et de la nature de l’opération. Le plus simple est de le constater sur un fichier réel : déposez-en un dans le lecteur, les manques y sont nommés un par un.
Une facture électronique sous les yeux, et l’envie de savoir ce qu’elle contient ?
Déposez le fichier, lisez le résultat. Gratuit, sans inscription, sans téléversement.
Ouvrir un fichier Factur-XQuestions fréquentes
EN 16931, aussi appelé COMFORT, est le choix par défaut : il couvre entièrement la norme européenne et convient à la quasi-totalité des situations. BASIC suffit pour des factures simples. Évitez MINIMUM et BASIC WL comme facture : ils ne contiennent pas le détail des lignes. EXTENDED ne sert que si votre secteur a des besoins que la norme ne couvre pas.
Oui, mais vous ne verrez que la page imprimable. Le XML est une pièce jointe du document ; certains lecteurs de PDF permettent de l’extraire, la plupart ne le montrent même pas. Comme ce sont les données qui font référence en cas d’écart, il vaut mieux les regarder que de se fier à la page : c’est exactement ce que fait ce site.
Le format est reconnu en Allemagne sous le nom de ZUGFeRD, avec lequel il est développé en commun. Ailleurs en Europe, l’acceptation dépend du destinataire et de son réseau : beaucoup de plateformes attendent de l’UBL. Comme les trois formats reposent sur la même norme EN 16931, la conversion est en général assurée par la plateforme de dématérialisation.
Les deux, puisque c’est un seul et même fichier : le PDF Factur-X contient son XML, et c’est ce fichier d’origine qu’il faut archiver. Une impression, une capture d’écran ou un PDF reconstitué à partir des données ne remplacent pas l’original reçu.