Guide
La facturation électronique obligatoire en France
Mis à jour : août 2026
Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre arrive par vagues : à la même date pour les grandes entreprises et les ETI, un an plus tard pour les PME et les micro-entreprises. Ce guide remet les échéances en ordre et explique ce qui compte, au juste, comme facture électronique.
Le calendrier
La réforme repose sur l’article 289 bis du Code général des impôts, qui organise l’émission et la transmission des factures sous forme électronique. Elle distingue deux mouvements très différents : une obligation de réception, générale et sans palier, et une obligation d’émission, échelonnée selon la taille de l’entreprise.
| À partir du | Ce qui devient obligatoire | Pour qui |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Être en mesure de recevoir des factures électroniques. Vous ne choisissez pas : si votre fournisseur en émet une, elle vous arrive sous cette forme. | Toutes les entreprises assujetties à la TVA en France |
| 1er septembre 2026 | Émettre ses factures sous forme électronique, en plus de savoir les recevoir. | Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI) |
| 1er septembre 2027 | Émettre ses factures sous forme électronique à son tour. | PME et micro-entreprises |
La réception concerne tout le monde dès la première date, quelle que soit la taille de l’entreprise — y compris celles qui n’auront à émettre qu’en 2027.
Retenez l’asymétrie : recevoir, tout le monde et tout de suite ; émettre, chacun à son tour. Rien n’interdit d’émettre plus tôt, et beaucoup de donneurs d’ordre le demandent déjà.
Qui est concerné
L’obligation porte sur les opérations entre entreprises assujetties à la TVA en France – le B2B domestique. C’est un périmètre plus étroit qu’on ne le croit souvent :
- Vos ventes aux particuliers ne deviennent pas des factures électroniques. Elles relèvent d’un dispositif distinct, l’e-reporting, qui consiste à transmettre à l’administration des données de transaction et non la facture elle-même.
- Vos opérations avec l’étranger – acquisitions, livraisons intracommunautaires, exportations – relèvent également de l’e-reporting, et non de la facturation électronique obligatoire.
- Les micro-entreprises et les entreprises en franchise en base ne sont pas mises de côté : la réception les concerne dès septembre 2026, et l’émission avec la vague de 2027.
Autrement dit, presque toute entreprise française est concernée par au moins la moitié de la réforme dès la première échéance, même celle qui ne facture qu’à des particuliers : elle a des fournisseurs, et ceux-là lui enverront des factures électroniques.
Ce qui compte comme facture électronique
Une facture électronique, au sens de la réforme, est une facture émise, transmise et reçue sous une forme structurée qui permet son traitement automatique. Trois formats composent le socle commun, tous fondés sur la norme européenne EN 16931 :
- Factur-X, un PDF dans lequel les données de facturation sont également déposées en XML – le seul des trois qu’une personne peut lire sans outil.
- UBL, un fichier XML.
- CII, un autre fichier XML, celui-là même qui est embarqué dans un Factur-X.
Et surtout, en négatif : un PDF ordinaire n’est pas une facture électronique. Peu importe qu’il soit envoyé par courrier électronique, signé ou parfaitement mis en page ; pour un logiciel, ce n’est qu’une image. Un PDF Factur-X, lui, en est une, parce qu’il porte les mêmes données en XML. La différence est invisible à l’œil : déposez le fichier dans le lecteur et vous saurez en quelques secondes de quel côté il tombe.
Comment les factures circulent : la PDP et le PPF
Les factures ne s’échangent plus de boîte mail à boîte mail. Elles passent par une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP), immatriculée auprès de l’administration fiscale, qui se charge de les émettre, de les recevoir, de les convertir au format attendu par votre correspondant et de conserver la trace de leur cycle de vie.
Le portail public de facturation (PPF) existe toujours, mais son rôle a été réduit : il tient l’annuaire des destinataires et concentre les données transmises à l’administration. Ce n’est pas une plateforme d’échange gratuite sur laquelle on pourrait déposer ses factures. En pratique, chaque entreprise a donc besoin d’une PDP – souvent incluse dans le logiciel de comptabilité ou de facturation qu’elle utilise déjà.
Ce que cela implique dans le choix d’un prestataire, et ce qu’il faut regarder avant de signer, est détaillé dans le guide choisir sa plateforme de dématérialisation.
Klarfaktur n’est pas une PDP. Cet outil lit et vérifie vos factures dans votre navigateur ; il ne les transmet pas et ne remplace pas une plateforme. Il sert avant l’envoi et après la réception, pas pendant le transport.
Ce qui se passe si vous n’êtes pas prêt
Le premier risque n’est pas fiscal, il est opérationnel : une facture que vous ne pouvez pas recevoir n’en est pas moins émise. Elle est déposée sur la plateforme de votre fournisseur et elle court, avec ses délais de paiement, ses pénalités de retard, et l’exercice de votre droit à déduction différé tant que vous ne détenez pas la facture.
Le second est fiscal : le défaut d’émission d’une facture sous forme électronique et le défaut de transmission des données d’e-reporting sont assortis d’amendes forfaitaires, dues par facture ou par transmission manquante et plafonnées par année civile. Les montants en vigueur figurent au Code général des impôts ; vérifiez-les auprès de votre expert-comptable plutôt que dans un article de blog, celui-ci compris.
Que faire avant le 1er septembre 2026
- Demander à votre éditeur de logiciel s’il est ou inclut une PDP, à partir de quelle version, et si le passage est compris dans votre abonnement.
- Vérifier vos propres identifiants : SIREN, SIRET, numéro de TVA intracommunautaire. Ils deviennent l’adresse à laquelle vos factures arrivent – contrôlez leur clé maintenant.
- Nettoyer vos fiches clients et fournisseurs. Un SIRET faux ou absent dans votre base est une facture qui n’arrivera pas.
- Désigner une entrée unique pour les factures reçues et prévoir qui les regarde. Le flux devient continu et automatique ; il faut quelqu’un au bout.
- Faire un essai à blanc : produisez une facture dans votre logiciel, exportez-la et vérifiez-la ici avant que ce ne soit une vraie. C’est le moyen le plus rapide de découvrir qu’il manque une mention obligatoire.
- Conserver les originaux structurés. Ce qui doit être archivé, c’est le fichier reçu, pas une impression ni un PDF reconstitué.
- Faire le point avec votre expert-comptable sur votre situation propre : vague d’émission, e-reporting, archivage.
Ce guide donne un aperçu général et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal. Les échéances et le périmètre exact qui vous concernent dépendent de votre situation : adressez-vous à votre expert-comptable ou à l’administration fiscale.
Une facture électronique sous les yeux, et l’envie de savoir ce qu’elle contient ?
Déposez le fichier, lisez le résultat. Gratuit, sans inscription, sans téléversement.
Tester dès maintenant la réceptionQuestions fréquentes
Cela dépend de la taille de votre entreprise. Les grandes entreprises et les ETI doivent émettre à partir du 1er septembre 2026, les PME et les micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. La réception, en revanche, concerne tout le monde dès le 1er septembre 2026. Rien ne vous empêche d’émettre plus tôt, et de nombreux clients le demandent déjà.
Pas au titre de la facturation électronique obligatoire. Un PDF ordinaire ne contient pas de données structurées : pour un logiciel, c’est une image. Ce qui est attendu, c’est un fichier Factur-X, UBL ou CII. Un PDF Factur-X ressemble pourtant à un PDF ordinaire, à ceci près qu’il porte la même facture en XML — c’est précisément cette différence que ce site vous permet de constater.
Oui, dans les deux sens. Vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, même si vous ne facturez qu’à des particuliers : vos fournisseurs, eux, en émettront. L’obligation d’émettre vos propres factures sous forme électronique arrive avec la vague du 1er septembre 2027. La franchise en base de TVA ne change rien à ce calendrier.
Elles ne relèvent pas de la facturation électronique obligatoire mais de l’e-reporting, un dispositif distinct : ce ne sont pas les factures qui sont transmises, mais des données de transaction communiquées à l’administration. Le principe est simple à énoncer et les modalités dépendent de votre activité ; c’est un point à voir avec votre expert-comptable.